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Il m’arrive la nuit de faire des rêves sur les cartes, mais c’est quand même assez rare. Comme cette nuit j’en ai fait un et que je m’en souviens, je vais pouvoir vous le raconter !


Aujourd’hui il fait beau. Je vais en profiter pour aller me promener. Pourquoi ne pas aller visiter la banlieue proche ? Cela me donnera l’occasion de découvrir des quartiers que je ne connais pas. Et ce n’est pas la peine de prendre mon portefeuille, qu’est-ce que je pourrais trouver dans un tel endroit ?

C’est ainsi que je sors découvrir les environs. Le temps est agréable et me permet d’apprécier la balade. Il y a du soleil, mais il ne tape pas et la température est plutôt fraîche, mais il ne fait pas froid. Pour ainsi dire, les conditions sont parfaites pour que je puisse savourer ce moment. Je flâne de rue en rue, de quartier en quartier. Les travailleurs s’affairent, les ouvriers prennent une pause bien méritée à la terrasse d’un café.

Alors que je descends une avenue en pente, mon attention est attirée par un commerce devant lequel je viens de passer. C’est toujours pareil avec moi, j’agis rarement instinctivement. Il faut toujours que je réfléchisse avant de prendre une décision. C’est pour cette raison que je traverse de nouveau le passage piéton que je viens de franchir et que je me dirige vers la boutique. Il faut dire que sa devanture a tout pour me séduire. Deux vitrines poussiéreuses entourent l’entrée. Elles sont peu remplies, comme si on en avait retiré des éléments sans jamais les remplacer. Quelques livres et bibelots défraîchis les occupent, rien de particulièrement intéressant. Mais ces rares objets évoquent en moi une époque révolue. Je me revois, enfant, au début des années quatre-vingt-dix, face à des boutiques à l’essence similaire. Les quelques badauds qui attendent devant participent à l’impression générale. Vêtus de vêtements amples, de coloris sobres et d’allure désuète, les joues creusées et le regard triste, voire éteint, on les croirait sortis d’une autre époque. Un vent de nostalgie monte en moi, je dois absolument voir l’intérieur du magasin. J’entre.

C’est avec stupeur que je me retrouve au milieu d’un décor et d’une atmosphère complètement différents de ce à quoi je m’attendais. L’endroit est très grand, c’est comme si une route couverte s’ouvrait face à moi, parsemée d’étalages. Tous les employés sont jeunes, habillés à la mode, la musique, criarde, mêle le rap américain et l’electro. Les objets vendus n’ont rien à voir avec ceux visibles depuis la rue et deux bars jalonnent le lieu, un premier à ma droite quand je suis entré et un deuxième un peu plus loin à gauche. J’avance vers ce deuxième bar. Je descends les trois marches qui coupent l’espace en deux et c’est avec surprise que je remarque, sur la caisse enregistreuse du débit de boisson, les reliques d’un autocollant représentant le logotype français de la marque Carddass. Il ne reste que trois lettres, le « C », un « D » et un « A », mais je reconnaîtrai toujours ce lettrage blanc à bordure et ombrage bleus. Sans hésiter, je demande au garçon installé derrière le comptoir s’il n’y avait pas des cartes à collectionner Carddass à vendre dans le magasin. C’est alors que, pour me répondre, il pointe du doigt le fond de l’établissement où, caché au cœur de l’obscurité, se trouve un vieil escalier qui permet de monter à l’étage. Je me dirige vers celui-ci et grimpe les marches quatre à quatre.

Une fois en haut, je me retrouve en plein pays des merveilles. La pièce n’est pas aussi grande que rez-de-chaussée, l’étage étant une sorte de mezzanine faisant la moitié de la surface du lieu. Mais quel bonheur ! Alors qu’une musique douce et rythmée rappelant les années quatre-vingt est jouée par les haut-parleurs disséminés en haut des murs, je découvre des travées d’étagères remplies de vieux objets. Il y en a pour tous les goûts : des lecteurs de cassette, des aspirateurs, des livres. À un angle de la pièce, devant une porte qui, je pense, mène à la réserve, se trouve un comptoir derrière lequel sont installées deux jeunes femmes. Je leur demande si elles ont des cartes de collection à vendre. Elles me répondent positivement en me montrant le bas d’une étagère. Je m’agenouille devant le rayon en question pour faire de l’ordre parmi les objets poussiéreux qui y trônent et c’est rempli d’émotions que je trouve deux boîtes neuves, scellées, de cartes Carddass françaises Donkey Kong série 1 et Sailor Moon. Le cœur rempli d’espoir et essayant de masquer ma joie, je continue mon exploration. En ouvrant un tiroir sur une allée adjacente, je découvre un album rempli de dépliants publicitaires présentant les différentes séries de figurines Dragon Ball commercialisées par AB dans les années quatre-vingt-dix. En-dessous se trouvent deux petites boîtes en plastique remplies de cartes à collectionner japonaises, l’une composée de cartes SD Gundam et l’autre pleine de cartes que je ne connais pas, mais que je trouve jolies. C’est les mains chargées de mes nouveaux trésors que je retourne voir les deux vendeuses. C’est alors que je me souviens être parti les mains dans les poches, sans aucun moyen de paiement…

Je commence alors à chercher un moyen d’activer la puce NFC de mon téléphone pour pouvoir payer grâce à l’application de ma banque. Mais étant dans un état d’angoisse assez élevé, je manque de sang froid et je n’arrive pas à mettre en place le système de paiement.


C’est ainsi que je me réveille, au moment clé du rêve, et je ne saurai jamais si j’ai pu acheter ou non ces merveilles !

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